Inecko et le BTP circulaire
Le secteur du BTP est au cœur de nos projets depuis 2018, autant sur le plan des gisements (matières et équipements issus de déconstructions) que des débouchés (valorisation des sédiments dans les travaux publics, production de granulats voire de ciment).
Proximité avec les entreprises et leurs territoires
Nous avons tissé de nombreux liens avec les entreprises de travaux publics, construction, déconstruction, terrassement, transport/logistique, dragage, recyclage, réemploi, ainsi qu’avec les carrières et bétonniers, ce en Hauts-de-France, Normandie, PACA, et Île-de-France dans une moindre mesure.
Nous avons mené 82 entretiens avec les dirigeants d’entreprises de ces secteurs, ainsi que 34 avec ceux de l’écosystème (organisations professionnelles, centres techniques, clusters).
19 familles de gisements et 18 de produits finaux traitées à ce jour
Nous avons travaillé avec de nombreux matériaux et co-produits : sédiments fluviaux et marins, gros œuvre (béton, brique), second œuvre (plâtre, bois, métaux, PVC, verre), ballasts, traverses et résidus de chantiers ferroviaires, graviers de toiture, équipements de la maison (céramique, équipements électriques, menuiseries, plomberie-chauffage, serrurerie-métallerie, revêtements de sol, boîtes aux lettres, marches d’escalier), sans compter leurs déclinaisons (sanitaires/lavabos, disjoncteurs/dalles/BAES, garde-corps/main courante).
Et de tout aussi nombreux produits finaux : sable-sédiment et granulats recyclés de tous diamètres, bétons prêts à l’emploi et maritimes, ciment, sous-couches routières, ballasts réemployés, plâtre recyclé, matières de second œuvre (cf. ci-dessus) recyclées, équipements (cf. ci-dessus) reconditionnés, sédiments à usage agricole.
Nous suivons les filières dans la durée
Nous accompagnons l’émergence puis la structuration des filières sur le long terme :
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ALLUVIO (2018) a donné naissance à la plate-forme VNF (Voies Navigables de France) de Wambrechies, qui alimente aussi la production de ciment issu de SEDICIM (2022)
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SEDINNOVE (2022) a ouvert le sable-sédiment de l’estuaire de la Seine (Honfleur, Port-Jérôme) aux travaux publics, démarche étendue à l’amont avec SEDISEINE (Rouen, 2025), au cours duquel nous avons relié pour la première fois au niveau local le secteur de la logistique (HAROPA Port) à la production agricole
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Les études préfiguratrices RENOVATIONS URBAINES CIRCULAIRES – PHASE 1 (2020) ont été décisives dans la formation puis consolidation de l’approche circulaire des bailleurs sociaux lillois ; nous en avons dressé un premier bilan et établi des projections économiques et financières dans la PHASE 2 (2026) pour les mêmes bailleurs
Coopérations interbranches
Au cours de ses travaux, Inecko a connecté le BTP à plusieurs autres secteurs, parfois inattendus. Nous avons par exemple rapproché :
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Le secteur ferroviaire du marché des granulats (ECOCIR)
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Un opérateur logistique (HAROPA Port) de la voirie routière (SEDINNOVE) puis de la production agricole (SEDISEINE)
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Et accompagné la diffusion du réemploi vers les énergies renouvelables (panneaux solaires), l’industrie verrière ou les produits métalliques (RENOVATIONS URBAINES CIRCULAIRES – PHASE 2)
La diffusion s’opère aussi de proche en proche : le recyclage du gros œuvre sollicite les travaux publics, qui se tournent vers les sédiments des ports et canaux, lesquels explorent à leur tour l’agriculture pour valoriser ces mêmes sédiments.
Le BTP circulaire appliqué aux logements sociaux
Nos travaux déploient la circularité (recyclage et réemploi) sur les déconstructions, réhabilitations et constructions neuves des parcs sociaux. Nous accompagnons les bailleurs dans l’évaluation de ces transformations avec bilans et projections, quel que soit le stade d’émergence ou de maturité local.
Dès 2019, nous avons évalué pour la Méta*, alors alliance de Vilogia et Lille Métropole Habitat, les implications économiques d’un effort substantiel de recyclage et réemploi dans les déconstructions du NPNRU** lillois, visant 90% de réemploi des matériaux et équipements (RENOVATIONS URBAINES CIRCULAIRES – PHASE 1) et la création d’une plate-forme dédiée. Nos chiffres ont conforté les attentes sur l’économie locale et les créations d’emploi et d’activité. Ce qui a contribué, bien sûr entre autres, à la concrétisation du BTP circulaire sur la métropole lilloise, une approche alors résolument pionnière en France voire au-delà.
Dès 2020, le recyclage est systématisé (100% de valorisation des inertes, 98% du second œuvre) et la plate-forme PresRV a depuis vu le jour après avoir pivoté vers le réemploi, en pleine structuration voire au seuil de l’industrialisation locale. L’approche circulaire de la Méta a été récompensée aux Trophées de l’Innovation HLM 2025.
Les premières études économiques à ce niveau de précision
A ce stade de déploiement, la Méta souhaitait établir un bilan financier et économique de ces opérations, avant d’envisager une extension au réemploi des équipements. Les études RENOVATIONS URBAINES CIRCULAIRES – PHASE 2 couvrent 116 logements démolis par an entre 2020 et 2024 (6 matières en exutoire), puis, dans un second temps, 5 300 déconstruits, réhabilités ou construits par an en 2027-29, pour 18 matières en exutoire comme en fourniture.
Ce sont les toutes premières études en France de cette ampleur et à ce niveau de précision : 27 matières réparties sur 34 flux entrants ou sortants, 48 filières évaluées, 32 entreprises interrogées, 35h d’entretiens, croisement des données collectées, échanges poussés via mail avec 12 de ces entreprises, analyse de sensibilité (par scénarios). Nous y explorons des filières à différents niveaux de maturité économique, et notamment les filières « frontière » du réemploi (ex. plomberie, blocs boîtes aux lettres).
Pour ces deux étapes – passée (déploiement du recyclage du gros et second œuvre) et à venir (déploiement du réemploi des équipements) – nous analysons les aspects financiers pour les bailleurs et mesurons les retombées économiques pour les territoires. Nous évaluons aussi les retombées à long terme, non moins déterminantes : coopérations, compétences, capacités d’innovation, insertion dans la transition numérique-verte.
Nous fournissons des recommandations opérationnelles et étudions aussi les moyens d’enclencher l’industrialisation naissante, pour laquelle le rôle des bailleurs est substantiel. Nous encourageons enfin les transferts d’innovation venus de secteurs adjacents à travers des propositions de mesures et dispositifs très concrets.
Nos conclusions
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Le bilan financier est positif pour les bailleurs, y compris avec une approche « frontière » du réemploi*** : 17% d’économies pour le recyclage des matières en 2020-24, 3% attendus en 2027-29 pour les filières réemploi, bien plus émergentes
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Principaux facteurs explicatifs :
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Bilan recyclage matières (2020-24) : évitement de l’enfouissement
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Montée en charge sur le réemploi (2027-29) : surcoûts de la dépose soignée contenus ; coûts de transport moindres pour les éléments à réemployer (quantités par camion accrues par le rangement ordonné/rationalisé vs. en vrac en benne) ; éléments réemployés un peu moins chers que le neuf
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Ces sources d’économies ne cessent de croître avec la structuration des filières
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Les retombées locales sont modestes pour le recyclage : réduction d’activité due à l’évitement de l’enfouissement ; le tri sélectif à fins de recyclage n’augmente pas substantiellement la main d’œuvre****
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Elles deviennent importantes avec le saut vers le réemploi : la dépose soignée et le reconditionnement sont très intensifs en main d’œuvre (~50% des emplois sont en insertion), soit 116 emplois, 23,4 M€ de chiffre d’affaires et 12,2 M€ de valeur ajoutée par an, pour 300 déconstructions, 2 500 réhabilitations, 2 500 constructions par an, nets des réductions d’activité (très majoritairement production et vente de matériaux neufs)
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Le BTP circulaire génère énormément de coopérations inter- et intrasectorielles, et d’innovation (produits, procédés, marketing, organisation), tout en étant très enclin à en adopter venant d’autres filières
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Le changement d’échelle, l’industrialisation est souhaitée par tous les opérateurs : économies d’échelle, optimisation des procédés, baisse des coûts de production viendront d’une demande suffisante, que seuls les gros maîtres d’ouvrage et bailleurs peuvent impulser
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A la clé :
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Pour les bailleurs : gains financiers croissants (baisse continue des prix du réemployé, hausse des prix de rachat post-déconstructions, y compris pour des gisements nouvellement marchandisables)
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Pour les territoires : décarbonation, préservation des ressources, créations d’activité et développement économique local inscrit dans la durée via l’innovation et les coopérations, « prime au premier entrant » pour les territoires pionniers dans des filières amenées à se généraliser
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Ces résultats ont déjà convaincu la Méta d’étendre le réemploi à 16 opérations (1 967 logements affectés). L’extension à 5 300 logements par an entre 2027 et 2029 est plus que sérieusement envisagée.
* Vilogia, Lille Métropole Habitat, Partenord Habitat, Terre d’Opale Habitat.
** Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain.
*** Par rapport aux pratiques conventionnelles, où le recyclage n’est bien sûr pas absent, établies grâce aux bilans de l’ADEME
**** Quant à l’activité de recyclage, elle n’est pas causée directement par la réception de nouvelles matières, mais bien par un éventuel acte d’achat ultérieur, sans lien avec le tri des matières en sortie de chantier de déconstruction.
Pour aller plus loin, on pourra se pencher sur la place du BTP circulaire dans la transition numérique-verte.

